(pour lire ma lettre au format manuscrit c’est tout en bas de la page)
Cher collègue écrivain,
Aujourd’hui, je voulais te parler d’où je trouve l’inspiration… mais j’ai une rage de dents infernale, et celle-ci m’a fait réaliser que je pouvais te parler d’un thème encore plus puissant que l’inspiration, et surtout bien plus important pour écrire : le SILENCE.
Celui dont tu as besoin pour écrire (même en musique), celui qui décuple l’inspiration (tiens tiens), celui en rapport avec cette foutue rage de dents... et surtout celui que tu peux activer comme un super pouvoir et qui va changer ta vie !
Le silence dont tu as besoin pour écrire
Même si tu écris en musique, ou, comme moi, dans des lieux publics bondés, comme les cafés, voire les bars. Tu connais ce silence et tu en as besoin.
Cela fait beaucoup rire mes proches quand je leur dis que pour avancer sur mes romans, je me planifie des retraites d’écriture... en plein Paris. Pas exactement la cabane en forêt. (Pourtant, j’ai essayé, mais rien à faire !)
Ecrire dans un café fait taire toutes les tergiversations de mon mental.
Bien sûr, j’y arrive chez moi aussi, mais l’efficacité d’arriver dans un lieu public pour écrire est incomparable. C’est de ce silence-là que je te parle, celui qui se fait dans ton esprit pendant ton rituel d’écriture, la déconnexion du mental pour laisser place à la création. Quand c’est possible, évidemment - ce n’est pas toujours parfait !
Rien que la bonne musique me suffisait à mes débuts d’autrice. Dans le silence total, j’entendais hurler mes doutes.
Et toi, comment crées-tu ce silence intérieur ?
Le silence dont tu as besoin pour t’inspirer et créer
Je parle un peu plus souvent de celui-ci. Ecrire un roman est une aventure merveilleuse qui a une légère tendance à grignoter notre vie, nos pensées... Si on combine ça avec des objectifs un peu élevés (qui sont sans doute un super coup de boost !), on peut se retrouver propulsé dans un état qui me rappelle ma classe prépa. Appelons-le le “stress des exams.”
Tu sais, quand tu est tellement à fond sur tes révisions que tu as l’impression de ne plus rien savoir ? Voilà, c’est lui ! Tu m’as sans doute vue venir :
Ton cerveau a besoin de repos, de vacances régulières de ton roman.
D’ailleurs, si tu as eu tes meilleures idées en vacances, après une pause forcée, ou un jour sans écriture, c’est normal. Les jours où “tu es censé écrire” ; même si c’est génial, représentent un stress, une pression mentale qui ne facilite pas la créativité.
En vacances, la pression disparaît, mais ton inconscient continue de bosser sur ton histoire. Et ça marche !
Donc si tu hésitais ou attendais un signe pour prendre une pause avec ton roman, tu as ma bénédiction : VAS-Y FONCE ! Envoie ton cerveau à Punta Cana !
Hum pardon je m’égare. Et si tu hésites encore, ou as peur que cela menace tes objectifs, j’en parle dans ma dernière vidéo Youtube : Comment écrire plus vite !
Bon, et bien sûr, tu auras compris que je ne dis pas qu’il faut forcément partir en vacances pour mieux écrire. Décider de ne pas écrire un certain temps fonctionne très bien, ainsi que les activités manuelles qui demandent un peu de concentration... et donc reposent l’esprit.
Mais la raison qui m’a poussée à prendre la plume est encore plus forte que tout ça.
Je t’ai parlé de rage de dents et de super pouvoir, on y est !
Le silence, tout court
En mars 2025, j’ai relevé un challenge organisé par mon amie “Le terrier sous la lune”, qui avait pour thèmes : la lecture de livres de femmes et la nature. J’en ai profité pour lire “Un si grand désir de silence” d’Anne Le Maître.
Laisse-moi te dire qu’il vaut plusieurs livres de dév’ perso’ à lui seul.
Nous vivons dans un bruit constant, qu’il s’agisse de notre mental ou du monde. Le silence n’est pas invité.
Ni dans les transports où tout le monde sort les écouteurs, ni à table, où beaucoup mettent un fond sonore, ni en voiture ou lors de marches, ni chez soi. C’est sûr que quand on n’a pas l’habitude, le silence est désagréable, surtout quand on vit seul.
Tel un miroir déformant, il nous renvoie nos pires pensées.
Et pourtant il est vital. Qu’il s’agisse d’être conscient du moment (en mangeant par exemple) ou juste de s’ennuyer.
Regarder par la fenêtre, ma nouvelle passion
L’ennui à petite dose a de nombreux bienfaits pour notre créativité - il paraît d’ailleurs que Margaret Mitchell a écrit Autant en emporte le vent parce qu’elle s’était cassé la cheville et n’avait plus rien à lire.
L’ennui permet au cerveau de se mettre en mode “par défaut “et donc de faire du tri et construire la mémoire, prendre du recul.
Ainsi, en mars 2025, j’ai tenté d’inviter le silence dans ma vie à tous les moments possibles. Transports, repas, soirées... Ce mois a été un renouveau pour ma créativité, couplé au challenge qui m’a donné un cocon pour l’exprimer.
Je me suis notamment remise à la poésie (la suite ici)
Alors oui, je t’entends d’ici : vivre en famille, en coloc n’est pas très propice au silence.
Mais je suis sûre que tu peux l’inviter dans les interstices de ton quotidien. Lâcher le téléphone dans les transports, éteindre la radio en voiture... Même une minute fait déjà de l’effet. Et c’est ça, le super pouvoir.
Plus j’invite le silence dans ma vie, plus je grandis.
C’est dans le silence que j’affronte mes démons alors que le bruit les tient à distance. Mais c’est aussi le silence qui me ressource, me reconnecte à celle que je suis derrière tous mes costumes - l’autrice, l’entrepreneuse, la collègue, etc.
J’ai passé le 1er mars 2026 dans un soleil radieux et le silence complet. Le soir, sous la douche, j’avais une idée complète et précise pour un prochain roman. Bien sûr, j’ai aussi lu et trituré mon téléphone. Et le lendemain, cette fameuse rage de dents s’est pointée. Et figure-toi qu’elle m’a menée au niveau supérieur.
Je ne te la souhaite pour rien au monde, mais avoir mal pendant quelques jours crée encore plus de silence en moi. Le brouhaha quotidien et incessant fait place à un truc simple : aïe.
J’ai dit à une TerminAuteure * que c’était comme si je n’avais plus de cerveau.
Et donc... plus d’objectifs, plus de pollution mentale. Juste moi.
J’ai écrit un passage magnifique mercredi dans mon roman du moment, eu plein d’idées pour des projets, et écrit cette lettre.
Bref, tu l’auras compris : je ne te souhaite pas de rage de dents, mais plein de silence.
Avec amour,
Ingrid.
* Les TerminAuteurs sont les auteurs que j’aide au quotidien au sein de mon école : c’est ici pour nous rejoindre !
Lire la lettre manuscrite
Si tu préfères lire la lettre telle que je l’ai écrite (promis, j’ai soigné mon écriture), tu la trouveras ici.






J’aime beaucoup la réflexion que tu fais autour du silence. En effet, on n’en parle pas toujours, mais il fait partie du processus de création.
Moi aussi je suis passionné par l’écriture. Si tu veux découvrir mon univers, je te laisse le lien.
https://elodiepastoureau.substack.com/p/la-ou-tout-commence
Bonjour Ingrid.
Je ne pouvais pas ne pas laisser de petit mot. Habituellement je suis toujours rattrapée par ma timidité. Merci pour cette lettre, j'ai beaucoup aimé. Passe une belle journée ☀️